Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

15ème journée d’études – « Le psychodrame ou la scène du jeu du sujet »

Date / Heure :
27/10/2018
9 h 00 min - 18 h 00 min

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Un dispositif qui se joue du cadre pour faire émerger le sujet

Il est souvent avancé que le psychodrame permet à travers un scénario, l’expression de comportements manifestes des sujets à la prise de conscience de leur subjectivation. L’idée serait de donner une parole aux thérapeutes qui utilisent une telle technique afin de suivre leur pratique et d’interroger les soubassements théoriques. Le psychodrame en effet, grâce à l’ouverture qu’offre l’imaginaire, remet en jeu les identifications multiples et contradictoires du sujet, les signifiants maitres aliénants. Ce dispositif s’inspire entre autre, de l’idée selon laquelle le passé infantile du sujet aurait été figé par la rencontre brutale d’un réel ou d’un signifiant. C’est donc à l’après coup lors du temps thérapeutique par la fabrication d’un jeu artificiel – et donc par la production d’un scénario issu du récit du patient que quelque chose de cette scène infantile viendrait permettre au sujet de dépasser la sidération psychique dans laquelle il est enfermé Il s’agit donc via ce dispositif de « dégeler » une liaison infantile rendue inopérante et qui aliène le sujet. Le jeu psychodramatique vise donc le passage d’une scène non liée, traumatique, et donc à travers le jeu, à une articulation signifiante qui sépare le sujet des identifications trop aliénantes.

1e table ronde La difficulté d’une cure type et l’aménagement d’un espace de jeu

Dans des nombreuses institutions, la non présence de l’approche psychanalytique ou parce que les patients éprouvent des difficultés à se trouver dans un suivi individuel, (fruit des inhibitions, des difficultés à représenter, etc), la pratique du psychodrame trouve son intérêt. En effet pour certains patients, les jeux des rôles permettent de rencontrer les cliniciens sur une même scène, la scène du jeu. Ici le corps est engagé, mais les registres verbaux et perceptifs sont également présents. Parfois le patient s’engage avec l’idée de jouer, mais ce qui compte est l’acte de jouer, la prise du corps, des affects et des représentations qu’il retrouve. On interrogera ici, à l’aide des vignettes cliniques, la proposition de l’équipe de faire appel au psychodrame comme initiative thérapeutique, on s’intéressera également aux coulisses du jeu, à la préparation à la séance, à l’organisation des séquences.

2e table ronde Les processus en jeu dans le psychodrame individuel ou en groupe : de l’improvisation au cheminement signifiant

Le clinicien prend acte du patient qui invente une scène en mettant en jeu son entourage et son environnement et des situations vécues. A travers cette scène, il est assigné au patient un rôle, et à travers le jeu qui laisse libre cour à « l’improvisation », à la « répétition », il confronte sa représentation avec l’acte figuré comme signifiant. L’abord transférentiel, le désir du thérapeute et du patient, ses demandes seront affinées et précisées ainsi que le temps de l’élaboration et de la construction. Que s’est-il joué ? Pourquoi n’a-t-il pas joué ; y a-t-il une différence entre ce qui s’est joué et la scène initialement proposée ?

Après midi

3e table ronde Interroger Le « meneur du jeu » et les « acteurs »

Il s’agit d’interroger le dispositif – qui mène, qui joue ? afin de montrer que les fonction de meneur de jeu et des thérapeutes acteurs ne se réduisent pas à être des simples garants du « cadre » mais que leur mode de « présence » est là pour évoquer l’usage que peut faire le patient. Ceci évite de penser ce dernier comme objet d’un projet ou d’un programme. La place du clinicien ne serait-elle pas celle d’aider à monter la « mise en scène » et sans être impassible, n’est-il pas là pour « accuser réception » et introduire des ponctuations et des points d’arrêt dans le travail de déchiffrage ou d’invention du patient ? Ceux-ci visent à soulager le scénario du jeu de l’obligation de comprendre et d’interpréter à laquelle le dispositif se prête ; il s’agit alors d’introduire des coupures et des espacements dans le travail inlassable de l’interprétation afin que celle-ci ne débouche pas sur une conclusion dans le réel et amène un passage à l’acte. Il ne s’agit pas d’annuler la jouissance qui amène le jeu, mais d’obtenir un autre mode de la nommer afin d’obtenir un arrêt dans l’interprétation infinie qui induit le jeu… au fond, le jeu scénique suggère un acte de langage qui déplace, disloque, le signifiant maître.

4e table ronde Les pathologies « psychotiques » ou « narcissiques » 

Dans les institutions accueillant des psychotiques – l’acte du clinicien consiste à « supporter » ainsi le transfert afin d’accompagner les patients à faire de sorte qu’émerge sur fond de l’imaginaire, un espace symbolique pour l’Autre – comment créer ainsi la trace signifiante pour qu’un trait reste présent échappant à la confrontation des signifiants forclos. Il faut ainsi passer par la mise en jeu d’un signifiant « idéalisé » pour esquisser une nouvelle ébauche de relation imaginaire plus apaisante. Pour d’autres il s’agit, là où le patient s’efforce à se représenter dans une scène infantile, d’introduire une figure tierce, permettant une certaine mise à distance du discours trop teinté de jouissance.

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