Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

La supervision – (Le savoir et le non-savoir interrogés dans la pratique clinique) – 32ème soirée clinique

Date / Heure :
25/01/2012
Toute la journée

Catégories :


 

Affiche 25-01-11 supervisionLa découverte freudienne a introduit une approche fondée sur l’usage de la parole. Malgré les impératifs de l’époque qui prônent l’uniformisation des pratiques, le discrédit de la pensée, l’idéal des bonnes pratiques, l’évaluation à outrance, la clinique de l’analyse a toujours bonne presse. L’extension des pratiques de la parole s’est généralisée, les cliniciens et les institutions sollicitent les analystes pour assurer une supervision ou un contrôle à l’occasion d’une question, d’une impasse, d’une crise ou d’un remaniement. Le collectif découvre à cette occasion que l’opposition – structurale – entre pratique et théorie n’est pas un écueil ; s’autoriser à parler à la première personne, se destituer de la croyance d’être le seul partenaire auprès du patient, se soustraire en tant que lieu du savoir tout puissant, tout cela n’est possible que si le « superviseur », en adoptant un rapport particulier à l’interprétation, qui relance la pratique sur le plan du désir, préserve et entretient un espace troué de savoir qui permet à tout un chacun de se destituer, tout en étant pleinement responsable des actes qui lui incombent. En somme, la supervision, il faudrait plutôt dire super-audition, est un défi lancé à la pratique clinique, prise ici dans un sens large. Prenons le cas du savoir et du désir. Il s’agit de miser sur la tension et donc sur le déplacement des savoirs, sur la reconnaissance du non-savoir plutôt que sur la stabilité imaginaire des certitudes de l’institution, toujours débordée par l’expérience. Pour ce qui est du désir, la supervision débusque le désir souvent englué dans l’imaginaire des demandes. L’anicroche vient du fait que le sujet du collectif « dépasse » souvent son acte, il croit toujours en être le maître ; au lieu de saisir la dimension du désir en jeu, il ramène sa pratique à un savoir, voire à un savoir-faire. La supervision ne saurait alors se satisfaire de la recherche de la bonne réponse mais de l’émergence de la question comme question.

signé : Dario Morales

invités
Chantal Bonneau, psychologue, psychanalyste, membre ECF, enseignante à la section clinique de Nice (06)
Fabrice Pinon, psychologue, psychanalyste, coordinateur Intervalle cap (75)
Michel Vincent, psychiatre, psychanalyste, membre SPP et de ASM XIII (75)

soirée animée par

Dario Morales, psychologue (CHSA), psychanalyste (membre ECF)

Ricardo Schabelman, psychiatre, psychanalyste (membre ECF)

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