Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Le miroir déformé du corps – 21ème soirée clinique

Date / Heure :
09/06/2009
Toute la journée

Catégories :

Mots-Clefs :
corps


Nous vivons à une époque qui sacralise le corps. Son image et son apparence sont investies massivement. La minceur devient ainsi non seulement une mode, mais un véritable culte. De plus, des rituels ancestraux comme le « repas de famille » sont bouleversés par les contraintes de la vie professionnelle et l’usage social : prise de nourriture en solitaire, trop rapide, peu ou mal équilibrée. Ces changements dans les habitudes ne sont pas sans avoir une influence sur les comportements alimentaires dont les troubles constituent une part de la clinique des nouvelles formes du symptôme, révélatrice de la déconnexion de plus en plus prononcée entre les effets de mode, l’expérience vécue et le regard qui renvoie l’Autre (social, familial, etc). Le fil conducteur pour cette clinique est l’image du corps prise dans la contradiction des discours : « j’ai peur de grossir» ou « je suis trop grosse » et l’aspect de maigreur prononcée ou de surpoids mal supporté. Image du corps en tant qu’elle est porteuse d’un investissement libidinal ou de son rejet. C’est donc dire qu’un sujet exprime l’avoir d’un corps à la manière dont il le traite. Le « miroir » renvoyant ainsi une image dont le sujet ne veut pas ou plus et sous-entend, en excès ou en défaut, un rapport particulier à l’objet pulsionnel « bouche-trou » dont le ressort est le « refuge » dans la nourriture. Ces pathologies, appelées communément TCA* (anorexie, boulimie, etc.), enseignent que la pulsion n’atteint pas l’objet « oral », sa rencontre rate régulièrement, la pulsion trouvant en partie satisfaction dans le symptôme. L’insatisfaction quant au poids, quant à la morphologie et/ou le vomissement provoqué sont autant de tentatives visant à contourner l’objet éternellement manquant. Dans ce trajet, la pulsion se renverse et se retourne en son contraire : l’image du corps est déformée, le voir se fait regard, le corps est mortifié, devient incorporel jusqu’à en mourir. Le plaisir est vidé, la jouissance se fait jour. La clinique, au delà des modalités phénoménales, décline des traits de structure communs : une logique où face au rien de la structure, au rien dans l’Autre, le sujet ne peut répondre que par le comblement, c’est à-dire le « tout » ou alors par une véritable passion de ce « rien » : c’est-à-dire suivant une modalité boulimique ou anorexique, avec du coup, bien sûr, toutes les modalités possibles de mixage, de réversion puisque cela se passe sur un axe où la question du désir est évacuée. Les professionnels invités à cette soirée viendront témoigner, au cas par cas, des difficultés des sujets à opérer une séparation entre le corps et la jouissance, se pose alors la question de la place accordée par la nourriture dans l’économie psychique pour faire que le désir apparaisse.

signé : Dario Morales

invités

Annick Brun – Eberentz, psychologue, CMME, CHSA
Françoise Giromini, psychomotricienne, Directrice de l’Institut de formation en psychomotricité de la faculté de médecine Pitié-Salpêtrière, Université Paris VI
Dr Hugo Ivancovsky, psychiatre, psychothérapeute, CMME, CHSA, Chargé de cours, Ecole de Psychologues Praticiens
Vladimir Marinov, psychologue clinicien à la CMME, CHSA, psychanalyste, membre APF, Professeur de psychopathologie à l’Université Paris XIII
Dr Sylvette Perazzi, psychiatre, psychanalyste, membre ECF, enseignante à la section clinique d’Aix-Marseille
Elina Vial – Sausserde, psychologue, CMME, CHSA

soirée animée par

Bernard Jothy, psychiatre, psychanalyste (membre ECF)

Dario Morales, psychologue (CHSA), psychanalyste (membre ECF)

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