Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

L’enfant est le père de l’homme (Tout ne se joue pas avant 6 ans) – 24ème soirée clinique

Date / Heure :
17/02/2010
Toute la journée

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affiche-17-02-10-enfant-pereComment un enfant d’avant 6 ans peut-il se déprendre des discours qui « prédiquent » sur lui, incarnés par le cortège de ses symptômes (agressivité, inhibition, angoisse, difficultés de langage et scolaires, troubles alimentaires, énurésie, cauchemars,…) ? Comment peut-il devenir en effet « le père de l’homme » qu’il sera en traitant dans la cure ce qu’il aura été pour l’Autre? C’est une question que nous tenterons de traiter à partir de présentations de cas par des professionnels travaillant en institution comme en cabinet et se référant à la psychanalyse.

« Dès les six premières années de l’enfance, écrit Freud in La psychologie du lycéen, le petit homme a établi le mode et la tonalité affective de ses relations aux personnes de l’un et l’autre sexe, il peut, à partir de là les développer et les transformer selon des directions déterminées, mais il ne peut plus les abolir.». Aussi affirme encore Freud en reprenant les vers du poète anglais Wordsworth, « l’enfant est le père de l’homme », formule nouant inexorablement la vie psychique de l’adulte à celle de l’enfant.
Ce déterminisme proclamé – entre autres – a valu à la psychanalyse bien des attaques tant la liberté du sujet y semblait consumée. On sait, notamment depuis le rapport de l’Inserm sur « Les troubles de la conduite chez l’enfant et l’adolescent » en 2005, quel déterminisme scientiste prétend le remplacer.
Il y a, en ce qui concerne le point de vue psychanalytique sur la petite enfance, un immense malentendu qu’au cours de notre soirée, par l’examen de cas cliniques, nous souhaiterions lever autant que possible : ce qui est déterminant pour l’adulte, ce n’est pas ce qui s’est écrit au travers de ses souvenirs d’enfance, mais justement ce qui ne s’est pas écrit au travers du trou de mémoire de sa petite enfance. Si « l’enfant est bien le père de l’homme », cela ne signifie pas que le futur soit écrit à l’avance pour l’enfant. Cela signifie que, par la double prise en compte de ce qui, dans une perspective génétique ne cesse de se répéter de ses premières expériences d’une part, et, d’autre part, de ce qui peut surgir de nouveau avec l’aide de ceux qui se réfèrent à la psychanalyse dans une perspective historique, le sujet fasse du neuf avec de l’ancien, en quelque sorte.
Entre la litanie des énoncés familiaux sur l’enfant et l’ouverture à ce qui n’était pas prévu à l’avance, la rencontre avec le praticien orienté par la psychanalyse incarne précisément que « tout » n’est pas joué avant six ans! Le psychanalyste et son patient traitent le passé en s’orientant de l’avenir (et non l’inverse !), condition pour que l’enfant, en séance, au travers des fictions que l’espace analytique lui rend possibles, puisse construire une solution singulière à condition que lui-même et ses parents y consentent aussi. C’est donc à partir de l’homme qu’il sera que l’analyste peut travailler avec l’enfant en devenir car l’inconscient est quelque chose qui se réalise toujours plus tard !

signé : Dario Morales

invités

– Laurent Dupont, Psychologue, psychanalyste, CMP Infanto juvénile de Dreux (28).
-Dr Dominique Wintrebert, responsable du pôle de psychiatrie adulte, Centre hospitalier « Les Murets » (94), membre de l’ECF
– Dr Martine Schlenker, Dr Martine Schlenker (pédopsychiatre, médecin responsable), Mme Guylène Villet (psychologue) et l’équipe de La Coursive, CMP Petite Enfance « La Coursive des Loupiots », Nanterre (92)

soirée animée par

Eliane Calvet, psychiatre, psychanalyste

Dominique Rousseau, psychologue

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