Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Quel devenir adulte pour la psychose infantile et l’autisme ? – 22ème soirée clinique

Date / Heure :
21/10/2009
Toute la journée

Catégories :

Mots-Clefs :
autisme, diagnostic


Lorsque l’existence d’un sujet s’est engagée dans l’autisme et la psychose, le passage à l’âge adulte ne sera pas sans écueil pour lui-même, pour sa famille et pour les professionnels qui le soignent. En effet, les relais entre les établissements, les services sociaux et médicosociaux qui les accueillent enfants et adolescents et ceux qui prennent en charge les adultes ne se font pas sans difficulté : parfois jugés trop dépendants par les hôpitaux de jour pour adultes, ils formaient autrefois les « chroniques » de l’hôpital psychiatrique. Des solutions alternatives se sont depuis mises en place : Maisons d’Accueil Spécialisées, foyers… Mais aussi des structures originales comme « Les petites maisons pour l’autisme » dans l’Essonne et « Le Courtil » en Belgique, où exercent des praticiens qui accueillent ces sujets en souffrance : ils viendront nous dire, au cours de cette soirée, ce que sont les enfants autistes et psychotiques devenus, une fois adultes. Les
Centres de Ressources sur l’Autisme qui se sont développés sur le territoire français servent à diagnostiquer et à évaluer les « Troubles Envahissants du Développement » : pour autant, ils n’assurent pas les soins et reconnaissent tout à fait l’insuffisance de la seule approche nosographique. Mais l’inquiétude viendrait alors de ce qu’à cette question de diagnostic, la seule réponse soit le « handicap » : répertoire des difficultés dans la vie quotidienne de la « personne » (au sens juridique et humaniste) et aides appropriées. Ainsi passerait au second plan lapossibilité même de la rencontre avec le « sujet » autiste : celui pour qui la jonction entre corps et langage est une tragédie unique, mais qui, à sa manière, veut aussi se faire entendre. Une tragédie n’est pas sans dialogue :pour ceux des professionnels décidés à s’engager dans un lien avec leurs patients autistes et psychotiques, la question reste entière, car les « réponses à l’avance » que constituent les données épidémiologiques, génétiques, neurobiologiques et celles de la psychologie cognitive sur l’autisme peuvent constituer autant d’entraves à la rencontre avec le sujet unique, singulier et en évolution que reste chaque autiste, enfant ou adulte. Le pari du travail de soin avec ces sujets dont la Classification Internationale des Maladies (CIM 10) nous dit que « le fonctionnement est anormal dès la toute petite enfance », sujets réputés hermétiques à l’existence de l’Autre, au langage, c’est que, même devenus adultes, un dialogue est encore possible avec eux, à condition de consentir à s’en faire les partenaires, c’est-à-dire à supposer un savoir qu’il y aurait à apprendre d’eux. Il s’agit donc, de l’enfance à l’âge adulte, de construire, à partir des coordonnées de sa position une réponse thérapeutique particulière à chaqueà chaque sujet qui l’inscrive dans le lien social, aux antipodes de tout « programme de stimulation et de rééducation » fondé sur la liste de ses « besoins ».

signé : Dario Morales

invités

« Petites Maisons pour autistes », Evry, Essonne (91) : Mme Michèle Bouvard, psychologue; M. Jean-Jacques Carron, psychologue; Mme Martine François, éducatrice; M. Laurent Cueff, éducateur
« Studios du Courtil », Leers (Belgique) : Mme Annick Brauman, Directrice, psychanalyste

soirée animée par

Eliane Calvet, psychiatre, psychanalyste (membre ECF)

Margot della Corte, psychologue, psychanalyste

Dominique Rousseau, psychologue

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