Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Restructurations des entreprises et reconstructions subjectives – 51ème soirée clinique

Date / Heure :
06/12/2016
20 h 30 min - 22 h 30 min

Catégories :

Mots-Clefs :
souffrance au travail


51sc-06-12-16-afficheLa plainte est souvent à l’origine des consultations des salariés, sorte de disque qui tourne en rond. Le but serait d’aider le sujet à s’extraire des discours et des pratiques qui pèsent sur lui et pour lesquels il éprouve de la souffrance. Comment soutenir la transformation d’un souffrant qui sait souffrir en un sujet qui ne sait pas mais qui néanmoins s’interroge sur les causes de sa souffrance et de soutenir ainsi la production d’un désir singulier.

L’objectif de cette soirée est d’analyser le contexte de la restructuration professionnelle qui peut avoir des significations différentes d’un salarié à un autre. Si pour les dirigeants les changements obéissent à des logiques stratégiques, les implications humaines sont souvent négligées ou sous-estimées, ou déniées. Les salariés peuvent se sentir ainsi trahis, malmenés ou détruits ; fleurissent alors des pathologies psychosomatiques, des syndromes anxio-dépressifs, des processus de deuil, etc. Si pour l’un le vécu est une menace pour son activité pour l’autre est celui d’une occasion de progression. Les restructurations, plans sociaux, etc modifient le plus souvent le travail collectif, la coopération entre les salariés. Les fonctions se précarisent, les objectifs sont modifiés, des nouvelles charges se développent. Le travail qui en théorie est un élément de stabilité est alors une contrainte vécue de façon pathogène. La désintrication des pulsions fait apparaître la haine, l’agressivité, voir la violence, et inversement, les sentiments tendres sont hyper valorisés par l’idéalisation de l’objet perdu. La rencontre avec le clinicien permet alors de freiner ou de modifier le processus de séparation. Inversement, des éléments dynamiques se retrouvent dans l’activité, car le travail est une valeur dans la construction de l’identité sociale d’un sujet. Bien sûr, l’identité ne saurait se réduire au seul socle social. Elle est le produit des multiples identifications partielles plus ou moins abouties et qui viennent rencontrer dans le champ du travail, au moment des changements, vécu comme traumatisme de la part du salarié, leur part pathologique. Comment substituer le sujet en souffrance ou en manque d’identité et ce qui tend à se répéter, en quête d’identité moins aliénante ? Comment prévenir l’aggravation des décompensations, comment accompagner ces salariés en souffrance ? Autant des pistes à creuser, afin de donner une autre place à l’élément humain, à soutenir comme « reconstruction » au moment d’une « réorganisation ».

présentation : Dario Morales « Je ne compte plus »

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