Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

À propos d’un atelier de relaxation psychanalytique dans un CMP/CATTP – de la névrose à la psychose – 3eme Après midi – Atelier Psychologues à l’oeuvre – Le psychologue cré-acteur

Lizzie CLAVREAU

psy-CRÉACTEUR copy.jpgJe vais vous parler de ma première expérience d’un atelier de relaxation psychanalytique, que j’ai mis en place au sein d’un Centre Médico-Psychologique, d’octobre à juin 2013. Cette « expérience cobaye », celle-là même qui sert à nous enrichir, celle à partir de laquelle nous co-créons.

Chacun des patients concernés par cette cure de relaxation étaient par ailleurs pris en charge par des psychologues du CMP, en thérapie individuelle. Mon outil thérapeutique est ce lieu de l’expérience subjective, où le corps est engagé dans le transfert en relaxation.

Précisions sur ce que la relaxation de Jean Bergès a de particulier :

Cette méthode reprend les apports techniques du training autogène de Schultz (appelée « méthode de relaxation par auto-décontraction concentrative » et de la relaxation psychotonique d’Ajuriaguerra.

Il s’agit d’une psychothérapie psychanalytique à médiation corporelle dans le sens que la détente n’est plus la finalité exclusive, mais qu’à travers les mouvements transférentiels du patient sur le thérapeute, peuvent être analysées les raisons de tensions et les résistances à la relaxation (le tonus musculaire étant compris, dans cette perspective, comme une défense contre l’angoisse).

Les différentes phases sont : une de concentration sur une image calme et agréable, une décontraction neuromusculaire d’une partie du corps avec mobilisation de celle-ci, et à la fin, la « reprise » qui consiste à remettre les muscles dans leur état d’activité habituel. »

L’invitation à la décontraction musculaire évolue petit à petit à partir du bras, de l’autre, évoluant séance après séance sur l’ensemble du corps jusqu’au visage. Durant toutes ces séances il est proposé au patient de se représenter et de ressentir la sensation de calme, de détente, de lourdeur et de l’importance de cette partie du corps concernée par la séance. Cette sensation est soulignée par la palpation et la mobilisation du corps.

Il est précisé au patient que la mobilisation corporelle n’a pas pour objectif de vérifier la détente mais qu’elle sert à ce qu’il prenne conscience que le mouvement n’empêche pas la détente.

Après que le patient ait été orienté par son psychologue-psychothérapeute, un entretien initial avec le patient est l’occasion d’évaluer sa demande. Ensemble nous abordons ses problèmes, ses interrogations, son projet de relaxation ainsi que la place toujours bancale ou douloureuse que ce corps occupe. Ce travail à médiation corporelle est présenté non pas comme un moyen de faire disparaitre ou atténuer le symptôme d’appel mais plus comme une nouvelle expérience que le sujet va faire de son corps, de ses tensions, douleurs et symptômes – une technique qui va lui permettre de faire de nouveaux liens entre le penser et le ressentir du « moi-peau ».

La mise en place de cet atelier et son cadre :

Tout d’abord, lors d’une réunion institutionnelle, nous avons, avec les prescripteurs (psychiatre et psychologue du CMP), échangés autour des objectifs et des indications de cette cure de relaxation qui devra durer 9 mois (octobre à juin).

– Néophyte de cet atelier de relaxation, la mobilisation et le toucher corporel étaient pour moi, un biais à la prise en charge de patient psychotique. Ainsi la première indication devait concerner les patients de profil névrotique.

Le moi est finalement dérivé de sensations corporelles, principalement de celles qui ont leur source dans la surface du corps1. Alors, l’intérêt que ces patients soient déjà suivis en psychothérapie dite « classique », était de proposer un éprouvé autrement. Le corps serait cette autre voie-voix (le chemin et le verbe) qui pourrait participer à cette réconciliation psychique d’une difficulté à être.

1 C’est ce que Freud, en bas de page, précisait dans le Moi et le ça.

2 Cette notion de « couple-thérapeutique » appartient au psychodrame de Moreno repris par Balint, il vise à faciliter la gestion du transfert.

Durant cette co-création, d’ailleurs j’encadrai cet atelier avec un infirmier psychiatre. Une fois par semaine nous aménagions la salle de déjeuner et réunissions du personnel afin qu’elle accueille ses patients désormais en cure de relaxation. Voilà que nous commencions à entrer dans le réel. Cet « atelier », qu’on pourrait appeler « cure » de relaxation, ne devait concerner que 4 patients. D’ailleurs, cela a posé des questions de rentabilité

Mais, même si elle est pratiquée en groupe, dans la relaxation de Bergès, les suggestions sont individualisées, elles ne sont adressées qu’au patient concerné. C’est pour cela que j’ai voulu limiter, pour mon « associé » et moi, ces séances autour de 4 patients. Afin que chacun des thérapeutes puisse être suffisamment contenant et attentif à la relaxation du patient. Par ailleurs, profitant d’être un « couple-thérapeutique2 », nous avons, selon les problématiques et l’évolution des différentes cures, alternés la prise en charge de ces patients.

Déjà, les absences, les résistances ou l’évolution singulière de ces 4 patients, ces vécus corporels nous ont amenés à modeler les propositions de relaxation pour chacun de ces patients. Ainsi, nous avons peu à peu été amené à fabriquer le cadre de cette relaxation, réajusté notre outil afin qu’il se rapproche de l’objet psychique que le patient venait fabriquer dans cette nouvelle mise au monde. Lorsque plus haut j’évoque la co-création, je veux parler de ce cadre de l’abord corporel qui comporte plusieurs épaisseurs. Georges Pous en parle très bien dans son livre sur les thérapies corporelles des psychoses. Pour ma part, j’aurai envie d’en différencier trois :

– La plus extérieure correspondrait à l’institution, les possibilités et limites qu’elle offre, ajouté à celui qui prescrit.

– Puis, les moyens mis en oeuvre par le clinicien passeur de savoir (savoir de sa cure personnelle pour reprendre l’idée de Dario), avec son outil (la relaxation Bergès).

– Et enfin, la troisième et la plus au coeur de la psychothérapie à médiation ; celle du patient acteur qui sera se saisir et composer avec les autres épaisseurs de cette création psychothérapeutique à médiation.

A présent, je vous propose un éclairage sur cette expérience et sur ce qui m’a amené à parfois me libérer du protocole de la relaxation Bergès. Comment et pourquoi j’ai appris, avec cet atelier, à laisser plus de place, pour y intégrer le jeu transférentiel dans cet instant présent.

Je vais pour cela m’appuyer sur deux cas cliniques : Elles ont toutes les deux été adressées par le même médecin psychiatre.

Ces pathologies sont à dominance narcissique et présentent toutes les deux une difficulté à la subjectivation. Une très bonne indication à la relaxation psychanalytique en ce que cet outil privilégie les modes d’expression par l’acte et le corps3.

3 Marie-Alice Du Pasquier : a propos de l’indication de la psychothérapie psychanalytique corporelle

Madame Collin, afin d’aider autour de l’inscription de ses manifestations de l’angoisse et, d’apporter une aide à se sentir autrement que dans la douleur et les tensions musculo-squelettique causées par sa maladie.

Madame Bièv, dans une proposition de travail sur cette partie d’elle qu’elle ne supporte plus, ce mauvais objet dont elle voudrait s’amputer.

Les noms ont bien sûr été modifiés.

– La première, que j’ai appelé Madame Collin, est âgée de 55 ans. Elle a commencé sont suivi au CMP en décembre 2011, adressée par son généraliste pour un syndrome anxio-dépressif dans le cadre d’un harcèlement au travail. Une maladie neurodégénérescente lui a été diagnostiquée lorsqu’elle avait 29 ans.

Mariée, deux garçons de 38 ans et un de 34 ans. Elle a 3 petits enfants dont elle s’occupe souvent.

Au cours de sa psychothérapie au CMP, elle a pu travailler son rôle parental tenu auprès de sa soeur (5 ans son aînée) ainsi que de son père qui est décédé d’alcoolisme il y a 16 ans, trop tôt dit-elle. Sa mère est partie lorsqu’elle avait 7 ans emmenant leur jeune frère de 14 mois plus jeune, la laissant sa soeur et elle avec leur père.

A l’entretien initial, Madame Collin évoque son licenciement en décembre 2010 à son poste de responsable informatique. Le fait qu’elle soit reconnue travailleur handicapé depuis 1,5 ans, sa maladie, sa place dans la fratrie. Elle ajoute qu’elle est suivie en kinésithérapie, en rééducation en piscine et suit des séances de re-musculation.

Qu’avant sa maladie, elle était très sportive, faisait beaucoup de choses : sport en salle, cheval, tennis… Dit qu’aujourd’hui elle n’arrive plus à s’éclater de rire, ni à pleurer mais se mord la langue, les lèvres, qu’elle s’empêche et se contrôle. Elle se décrit comme quelqu’un qui fait les choses à fond ou qui ne les fait pas.

Aux premières séances, Madame Collin sera dès sa relaxation finie, comme prête à partir. Toujours à l’heure, elle sera la patiente la plus assidue mais aussi celle qui sera le plus préoccupée par l’ensemble de la cure, sa finalité. Régulièrement, nous reprendrons le fait qu’il s’agit d’une prise de conscience des ressenties, de se laisser aller à observer plus que de la compétence à être en relaxation. Très bonne compliance à cette médiation tant par les propositions d’inductions durant la cure mais aussi à la reprise des exercices chez elle.

A la 6ème séance, elle rapporte que se concentrer sur une image agréable lui est possible jusqu’au moment où l’attention est portée sur les sensations corporelles, alors dit-elle son image agréable disparait. Ses douleurs sont souvent un biais à la sensation de détente. Notamment, lorsque la séance concernera le dos. Pratiquement à chaque fin de séance, lorsque la patiente se lève de la relaxation, des douleurs localisées sont énoncées (++ dorsales) et son visage en est marqué.

Lors de la 9ème séance, elle s’étonne d’avoir ressentie pour la première fois une sensation d’engourdissement lors de sa relaxation à domicile. Dans sa maladie, quelle place peut-elle accorder à ses nouveaux éprouvés en relaxation ?

Les douleurs et tensions seront toujours là, c’est la maladie ! Nous lâchera-t-elle un jour tout en évoquant ses tensions ressenties dans ses épaules et le dos, qui sont là depuis plus de 20 ans (précise-t-elle).

A partir des séances portant sur les épaules et la nuque, elle dira mieux réussir la détente des bras et des jambes, mieux les observer. Peu à peu, elle reconstruira l’origine de cette tension de la colonne vertébrale, sa verticalité. Ce déséquilibre contenait l’histoire et la signification de son origine. Son évocation a pu en libérer l’énergie mais aussi ramener à la mémoire la situation même où le refoulement avait eu lieu. Cette perte subit lors d’une de ces poussées d’inflammation neurologique suite à laquelle tout son côté droit s’est retrouvé paralysé. Depuis, dit-elle, son dos reste sous tension permanente, son soutien naturel est mis à mal.

Au cours de la cure, il nous a été dit, par les psychiatres et psychologues, que Madame C parvenait à faire plus de liens entre les différents intervenants : Neurologue, kiné, psycho, psychiatre et relaxation. Comme si, la relaxation avait permis de dire tous ces morceaux d’elle, pour se réassembler grâce à son travail de psychothérapie.

Alors qu’elle était méfiante envers le CMP, par peur abandonnique ? Au cours de la psychothérapie corporelle, elle semble avoir pu y prendre place. Y apprendre à se relâcher, a prendre confiance en elle, lui permettra de trouver une assise dans l’institution.

En fin de relaxation qu’elle investit très facilement, Madame Collin semble toujours prête à partir, à foncer dans la vie comme elle l’a toujours fait.

Elle nous parle de cette maladie contre laquelle il faut lutter. Ce corps qui est en déséquilibre, et qui doit aussi « supporter » son moi, c’est avec celui là qu’elle doit faire ! Comment faire pour se réaccorder, lui faire place pour y retrouver une unité ?

A la dernière séance, elle a évoqué le fait que la relaxation sur une partie du corps lui était plus facile que la généralisation, la prise en compte du corps dans son ensemble lui est difficile. Elle trouve qu’elle a pris mieux conscience de ses états de tension, de ses épaules qu’elle abaisse plus facilement entraînant ainsi la détente du dos. Elle ajoute se sentir moins sous tension musculaire, elle parvient à se relâcher. Quant à Madame Biev, est née dans un pays des Balkans, et a 2 ans quand ses parents et son petit frère s’installent en France, elle restera au pays élevée par ses grands-parents pour ne rejoindre ses parents qu’à l’âge de 10 ans. Elle dit s’être bien intégrée à la France tandis que la relation avec ses parents et son petit frère a été très difficile.

Aujourd’hui, elle est âgée de 42 ans, mariée, 2 enfants de 12 et 15 ans.

En 1994, elle est victime d’un accident du travail, dans une usine de couture. Les nerfs de sa main droite ont été endommagés et les 2, 3 et 4ème doigts ont été sectionnés, nécessitant plusieurs opérations qui ont été malgré tout efficaces. A ce moment là, des crises de boulimie apparaissent.

En 2006, un nouvel épisode de dépression l’amène à consulter au CMP orientée par son médecin traitant. Durant cet épisode dépressif, sa main droite hystérise ses défenses, le manque de reconnaissance de sa douleur et de sa difficulté à faire son deuil avec ce que cela vient réveiller d’un potentiel deuil antérieur.

Comment trouvera-t-elle réparation de cette rupture symbolique ?

Durant presque un mois et demi, ses doigts ne répondent plus, ajouté à ses difficultés professionnelles de harcèlement, de mise au placard et d’être traitée comme une bête noire. Ainsi, elle est suivie au CMP par un médecin psychiatre et en psychothérapie par un psychologue.

Plus tard, son affaire professionnelle est portée devant le tribunal pénal, mais n’est à ce jour toujours pas résolue, avec des retours d’audiences négatifs.

Elle reprend le travail en 2008, en 2009, elle est déclarée inapte au travail. En 2011, elle fait une formation de secrétaire administrative à la suite d’un bilan de compétences qu’elle a pu faire grâce au délégué du personnel mais, en février 2012 elle est mise en arrêt de travail dans le cadre d’un nouvel épisode dépressif.

Malheureusement, un départ successif des psychologues du CMP font que madame B va connaître 3 psychologues différents en 5 ans avec tout ce que cela suggère du phénomène de répétition du discours et de son traumatisme.

A l’entretien initial à la cure de relaxation, madame B se dit stressée, avec des problèmes de dos qui seraient peut-être dû à un surpoids, elle se questionne sur son désir et la difficulté qu’elle éprouve à faire des « choses ». Elle est prise en charge par une consultation douleur et a fait l’expérience de l’acupuncture dont elle dit avoir eu des effets « magnifiques ».

Les premières séances de relaxation sont vécues assez difficilement. Mme B dit avoir des difficultés à faire ses exercices de relaxation à la maison, trouve toujours autres choses à faire ou bien, je m’endors avant d’avoir fini. Lors des séances, sont observés des tremblements respiratoires au niveau abdominal, des larmes, difficulté à ouvrir les yeux au moment de la reprise, la patiente dit se sentir déboussolée, embrouillée. Puis, elle évoque son inscription dans une salle de sport. Elle parvient très facilement à « détendre » sa main accidentée tandis que la gauche reste vigilante incapable de « lâcher ». Elle mettra en lien le fait que sa main droite à l’habitude d’être laissée, oubliée tandis que la gauche doit restée aux aguets pour compenser « l’absence de l’autre ». Ainsi, cette notion d’amputation psychique de son membre accidenté, d’absence de « l’autre », est abordée avec la patiente.

Durant 4 séances successives, Madame B ne se présente pas à « l’atelier de relaxation » mais chaque fois, elle téléphone pour s’excuser de son « oublie », d’un sentiment d’angoisse, de fièvre ou de ses douleurs qui l’envahissent – Ainsi, elle dit néanmoins son désir de continuer sa cure de relaxation. Du fait des symptômes évoqués par la patiente et de ses absences successives, au lieu de poursuivre sur les différentes parties du corps, membre après membre, le travail de relaxation est porté sur la respiration abdominale, thoracique et claviculaire ainsi que la généralisation corporelle.

Ici apparait la nécessité de travailler sur la respiration plus que sur le toucher. Le point d’appui de ce contact corporel venait rendre compte d’une difficulté à se situer face à ce qu’elle ressentait dans son corps. Pour lui permettre de l’accueillir ou, d’en intégrer tout ou partie de ce corps, il fallait tout d’abord passer par le mouvement, le rythme du souffle, un autre point de contact vivant dans l’instant présent, mais moins angoissant pour la patiente.

La cure reprend mais reste rythmée par ses absences justifiées. Pour madame B, ces séances sont l’occasion d’aborder son agressivité, ses troubles du sommeil, sa boulimie, ses douleurs à la main et sa position dépressive réalisant qu’elle ne fait plus rien depuis un an et qu’elle désire en sortir. Elle reprend rendez-vous avec un nouveau psychologue, pour reprendre sa psychothérapie, l’autre étant parti. Comme si cette mise à distance du corps à corps lui avait permis de mettre à nouveau son désir au travail.

Mme B est en attente de la décision du médecin du travail pour une reprise d’activité. Une bonne évolution de la patiente est observée, elle investit de plus en plus son corps et est plus régulière aux séances de relaxation ainsi qu’à sa psychothérapie. Une décision professionnelle se précise autour d’un licenciement, Mme B dit se sentir moins sur les nerfs.

Conclusion :

Comme le dit Anzieu, c’est au sujet qu’il appartient de constituer sa propre enveloppe psychique par l’écoute des mots de « la peau ».

C’est en travaillant à partir de notre Moi, par une lecture précise et significative des tensions qui enserrent les différentes parties du corps, de son vécu, de ce qu’il nous est possible ou pas de libérer que nous pouvons apprécier la manière dont s’expriment aujourd’hui nos conflits du passé et ce que nous pouvons en faire à présent.

Conclusion :

Je pense que comme dans toute psychothérapie, le travail à médiation doit également faire fis d’un « savoir ». La place du vide est importante, laisser cet espace libre afin que le relaxé l’investisse de son corps, de sa pensée. Comme si la fabrication devait se poursuivre à chaque séance, comme une peinture qui se modifie, prenant forme au rythme des patients en cure. Il faudrait pour cela que chacun puisse composer sa couleur, son mouvement, sa forme. Chacun de nous, thérapeutes et sujets, vont dans cet « à faire » y déployer leur capacité à s’ajuster de manière créative au réel.

Cette expérience de la relaxation, Bergès en proie au réel dans cet espace à plusieurs épaisseurs : le cadre institutionnel, le contrat passé avec le patient, les moyens mis en oeuvre ainsi que l’attention au corps, cette expérience est venue appuyer mon projet de travailler la relaxation psychanalytique groupale. Ouvrir cet espace à regarder, penser les autres pour se regarder penser soi-même, une idée empruntée à Anzieu.

Je terminerai sur la question du transfert et contre-transfert en thérapie psycho-corporelle évoqué dans un article co-écrit par les membres de l’association AETPR (Association Européenne de Thérapies Psychocorporelles et Relationnelles) qui dit que : « Dans la mesure où le psychothérapeute prend en charge sa part projective, et par un travail de supervision se responsabilise dans les processus de transfert et de contre-transfert, le sujet peut alors être ramené à lui-même dans sa capacité à faire le tri entre ce qu’il projette et ce qui est. En gérant son contre-transfert, le thérapeute permet au sujet de se sentir exister avec ses propres projections et de percevoir la limite de ce qui est à lui et de ce qui est à l’autre ».

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