Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

La dame aux épingles : déclenchement et solutions du sujet – 39eme soirée – Un cas de Freud : la femme aux épingles

Marie VANDERPOL POPELIN

 

Introduction : portrait de la dame aux épingles


En premier lieu, il m’a semblé important de faire un bref rappel anamnestique concernant la femme aux épingles.
Mme G. est née en 1873 à Francfort. Elle est l’aînée de cinq soeurs, toutes ayant de grandes fragilités psychiques. Elle accepte à 19 ans d’épouser William Hierschfeld, plus âgé qu’elle et plus riche, avec l’idée que cela aiderait sa famille, ce qui interroge sur une possible position subjective sacrificielle. Il est important de noter ici que son nom d’épouse est le nom de jeune fille de sa mère. Elle est de confession juive, « convertie » à la religion de son mari catholique, juste après le mariage, pour un voyage en Russie. Des manifestations de lavage et de préoccupation hygiénique sont alors apparues. Huit ans après le mariage, environ en 1900, elle apprend que son mari est stérile. Alors, elle se met à s’attacher au lit avec des épingles. Cela semble brutal et non subjectivé. Elle a « peur de l’idée d’avoir tué quelqu’un, d’avoir tué un enfant ». Le mari devient ensuite impuissant.


Elle fait une analyse avec Freud à partir de 1908 (elle a 34 ans) pendant six ans, ce qui est pour lui la plus longue cure. Il l’appelait « ma grande patiente » et « ma tourmenteuse en chef ». Cette cure se révèle « un échec », et elle arrive en 1916, à l’âge de 43 ans, en institution en Suisse à la clinique de Binswanger, où elle restera quatre fois assez longtemps. Elle a également rencontré Janet, Bleuler, Jung et Pfister.

 

Le diagnostic posé par Freud est une névrose obsessionnelle. Dans le dossier médical comprenant des éléments sur les années 1916, 1922, 1924, 1925, une question quant à la schizophrénie est posée par les médecins.
Je vais essayer brièvement de décrire les comportements de cette femme pour vous la présenter. Pour cela, je citerai le dossier médical : elle est assez inerte, obsédée par le lavage pendant des heures chaque jour, consommant une assez grande quantité d’alcool et de médicaments, souvent incohérente dans ses propos et très énervée, s’attachant au lit avec des épingles, utilisant un porte serviette en guise de barricade, voulant tout contrôler, occupant des positions de toute puissance, avec la question du corps comme un des points centraux de ce qui la préoccupe. Extrait du dossier médical du 14 avril 1916 : « 
elle prend son petit déjeuner à 8h30. Ensuite elle va aux toilettes, puis on en vient au cérémonial du nettoyage avec du papier toilette, puis elle se lave environ pendant 1h, assise sur le bidet, ensuite elle se lave environ 1h dans le bain, puis elle se lave le visage, assise devant la table du lavabo. Pendant qu’elle se lave, une des femmes de chambre la surveille continuellement sinon elle n’arrive pas au but. Elle déjeune dans la salle de bain. Il est 16h. Elle se recouche et se relève, pour le diner. Elle se lave seulement 20 minutes dans sa chambre. Elle se couche vers 22h30. »


Elle dit qu’elle n’a plus aucun espoir, qu’elle veut se suicider, qu’elle est malheureuse du fait qu’elle ne passe pas à l’acte. Elle dit qu’elle s’attache au lit parce qu’elle a peur à l’idée qu’elle aurait tué quelqu’un. « 
Il lui faut continuellement un contrôle, par le fait d’être attachée ou bien surveillée, cela pour que si l’idée lui venait, elle puisse avoir la certitude de l’impossibilité d’avoir commis un meurtre. (…) il est impossible d’exercer une influence sur elle. (…) Pendant l’entretien, elle sursaute dans son lit et jette des regards anxieux vers la porte (…) A plusieurs fois été dans l’incapacité de recevoir le médecin, car elle se sentait trop impure et craignait que le médecin se salisse (…) Dans la journée, elle monologuait à voix haute en disant « mon dieu, mon dieu, dans quel piège sommes nous allés ? ». Elle est dite figée dans son anamnèse, et recommence à dire qu’elle se suiciderait s’il ne lui fallait pas continuer à vivre pour son mari. Elle est très préoccupée par le lâchage des selles, et voudrait toujours qu’il ne reste rien. Elle insiste sur ses qualités et notamment son amour de la vérité qui n’a pas souffert de sa maladie. »


Je n’ai pas souhaité faire un travail orienté par la question du diagnostic de structure. Une question m’est venue en lisant le dossier médical : comment en est-elle arrivée là ? Cette question sera l’objet de mon premier point, à savoir le déclenchement chez cette femme, et son rapport au langage, avec de possibles phénomènes élémentaires.


Le deuxième point que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui est le suivant :
 comment lire son comportement ? Aujourd’hui, dans les unités de psychiatrie où je travaille, un tel comportement serait vraisemblablement jugé, et tout un protocole serait mis en place pour empêcher ce comportement. Et pourtant, ne s’agit-il pas là de solutions trouvées par le sujet, à travers ses essais pour « bricoler » de manière singulière un nouage ?


Pour vous présenter aujourd’hui mes interrogations au sujet de cette mystérieuse patiente, j’ai travaillé à partir du dossier médical que René Fiori a pu obtenir pendant ses années de recherche sur ce cas. Au sein de ce dossier, j’ai relevé quelques éléments que j’ai trouvés remarquables. Il est toutefois difficile de cerner qui elle était, car nous n’avons pas, ici, accès à son discours, mais seulement aux observations des soignants.


I. Le déclenchement : Comment tout cela a-t-il commencé ?


L’entretien du 9 octobre 1922 nous est ici précieux : «
 Elle a fait un compte-rendu d’une heure fluide et cohérent rapportant exclusivement des choses d’anamnèse : 1) elle s’est fait baptiser juste après son mariage pour pouvoir aller avec son mari à Moscou. Après le baptême, elle est redevenue israélite en faisant intervenir son Rabbin et en prenant un bain rituel. Quand elle pense à ce bain, il lui fait maintenant encore horreur : piscine sale, une femme qui l’a immergée quand elle n’a pas voulu se faire baptiser, il y avait eu une première scène avec le mari. 2) elle exprime des doutes quant à savoir pourquoi elle n’a pas d’enfants. Elle dit qu’après huit ans de mariage, elle a voulu se faire opérer, à la suite de quoi son mari lui ait expliqué que c’était lui qui éventuellement était la cause du fait qu’ils n’avaient pas d’enfants, parce qu’il aurait eu une infection des testicules ; mais il n’est jamais allé voir un médecin pour cela. Quand, trois ans après, elle a voulu recommencer à en parler, il l’a menacée de lui jeter quelque chose à la tête, en lui disant : « laisse-moi le doute ». Si son mari avait véritablement été auscult, elle aurait pu se débarrasser du doute et guérir. Les premiers phénomènes obsessionnels seraient apparus tout de suite après la scène évoquée avec son mari, alors qu’ils étaient mariés depuis 11 ans. »


Quel enseignement est-ce que je tire de cet entretien ? Elle évoque ici deux éléments fondamentaux :


– d’une part, le fait que le mari l’ait obligée à se faire baptiser, baptême dont elle garde en horreur le souvenir du bain,
– et d’autre part, l’annonce de la stérilité de son mari ou, plus précisément, de sa stérilité éventuelle, son mari voulant qu’elle lui «
 laisse le doute ».
Dans ces deux moments, je repère au moins un point commun : le mari la force (à changer de religion, et à ne pas savoir s’il est stérile ou non) et une dispute éclate.
Je vous fais ici part de mes interrogations : le bain symbolique du baptême ne serait-il pas le temps 1 de la décompensation, larvée jusqu’à ce que le temps 2 arrive, 11 ans après? Je trouve remarquable qu’elle évoque en effet ces deux éléments dans le même entretien, d’autant plus que dans le dossier médical, elle est dite, pour une fois, «
 fluide et cohérente ».
Revenons sur chacun de ces deux éléments.


Tout d’abord, le bain du baptême :

Ses « symptômes » de lavage ne peuvent-ils pas être entendus comme une façon de se laver dans le réel du signifiant non symbolisable, qui lui colle à la peau depuis le bain du baptême? Serait-elle impure de ce trou dans la chaîne signifiante ? Le baptême a lieu juste après le mariage, temps symbolique. Elle change de nom. Un autre élément me semble important : elle dit que lors de ce baptême « une femme l’a immergée ». Est-ce le signifiant « femme » qui lui tombe dessus quand elle devient la femme de W.H. ? Ce qui prendrait chez elle la forme d’un « pousse à La femme » .

 

  • Ensuite, que se passe-t-il au moment de l’annonce de la stérilité… éventuelle… du mari…
    Il me semble qu’il est important de prendre le temps de la précision, car, ici, plusieurs hypothèses sont possibles :
    – l’annonce de la stérilité… : peut-être entendue comme moment de la décompensation car, en effet, n’est-ce pas un moment où elle rencontre l’incomplétude de l’Autre par la stérilité. Elle ne saurait pas quoi en faire, car l’Autre est non barré, et alors le réel surgirait.
    – Mais ce n’est peut-être pas tout à fait cela, car la stérilité du mari est …éventuelle… : S’agit-il donc d’une incomplétude du savoir ? En effet, c’est un moment où elle n’a pas la certitude que son mari est stérile. Il y a un défaut dans l’univers. Il y a un trou dans le savoir, et son mari justement veut maintenir cette question, alors qu’elle veut qu’il fasse des examens pour être sûre.
    – Enfin, la stérilité, vient…du mari : on peut là aussi se demander si ce qui vacille chez cette femme n’est pas sa certitude que la stérilité vient d’elle. En effet, elle était persuadée d’être stérile et allait engager une opération gynécologique. A ce moment là, elle apprend que ce serait son mari qui est stérile, et non elle. N’est-ce pas un moment où sa certitude vacille et la rend perplexe ?


Le mari semble avoir une place importante, une place de petit autre, apaisant pour elle, et le mariage semble avoir été un idéal : elle espérait être soulagée « comme les autres le disaient » (ce qui ne semble pas raccordé subjectivement). Mais cet idéal semble s’effondrer. Après cette annonce, quoi qu’il en soit, elle s’attache au lit avec des épingles. Anstecken en allemand signifie s’attacher, mais aussi s’épingler et contaminer. Elle refuserait les relations sexuelles avec son mari par « peur d’être contaminée par son impuissance ». Freud aurait essayé de lui faire entendre l’équivoque du signifiant « anstecken » ; sans réaction…
Ceci m’amène à interroger son rapport au langage.

 

  1. Qu’en est –il du rapport au langage de la femme aux épingles ?
    Il est écrit dans le dossier médical que la patiente a des spasmes de renvoi, qu’elle appelle « wurgen » en allemand. 12 juillet 1916 : « quand on tend l’oreille devant sa porte, pendant ces moments là, on l’entend proférer des sons inarticulés, qu’elle appelle « wurgen » et qui représentent plutôt des rots sonores. Après chaque wurgen, elle émet toujours les mêmes appels « mon dieu, mon dieu, je ne peux pas me rendre, je ne peux pas me soumettre à mon destin, je ne peux pas… mais aidez-moi donc » (…) la réponse de la malade arrive par bribes, interrompues par des renvois sonores ».

    Ce détail clinique a attiré mon attention.
    – En effet, il est noté qu’elle émet des petits mouvements de lapin avec les lèvres quand elle a ses wurgens. La première question qui m’est venue est la suivante : essaie-t-elle d’articuler un son ? Un mot inarticulable ?
    – Après ces spasmes de renvoi, elle formule ses appels à Dieu comme pour conjurer quelque chose. Y a-t-il un lien entre ces renvois – qui font penser au cri – et les phrases qui suivent, qui pourraient être entendues comme une manière de transformer ce cri ?
    – Il est notable que quand elle émet des wurgens, sa voix est rauque, grave et elle parle à voix basse.
    – Ces spasmes de renvoi ne sont pas dialectisés avec ses problèmes digestifs.

    Ces différents éléments m’ont amenée à me demander si ses « wurgens » ne sont pas des bouts de langages, des mots dans leur versant réel, qui surgissent de l’Autre et qu’elle entendrait. N’est-ce pas de l’ordre des hallucinations psychomotrices verbales, de phénomènes élémentaires ? Emet-elle le son qu’elle entend ? Je me demande si les wurgens ne débarquent pas dans la déliaison de la chaîne signifiante, et que pour y répondre elle formule un appel à Dieu. Il semblerait que ça lui parle et qu’elle ne s’y reconnaisse pas. Ces wurgens ne seraient-ils pas des néologismes qui prendraient sens pour elle dans une création singulière ?
    Par ailleurs, elle dit « je perds mon sang » et tient à porter des serviettes hygiéniques sans discontinuer. On peut se demander si elle n’hallucine pas qu’elle saigne.

    III. Les solutions du sujet


    Après ces quelques éléments hypothétiques sur son rapport au langage, avec la question possible des hallucinations, et sur le déclenchement, il m’a semblé important de tenter de comprendre comment elle essaie de s’aménager avec tout cela. Car, en effet, ses comportements pour le moins bizarres peuvent être appréhendés de différentes manières selon le regard que l’on y pose. En effet, se laver plusieurs heures par jour, s’attacher au lit avec des épingles, pour être sûre de n’avoir tué personne, rester sous la surveillance constante de l’infirmière pour garantir qu’elle n’a pas commis l’irréparable… bref, tous ces comportements peuvent être vus comme des comportements dits « déviants », « inadaptés », nécessitant une « éducation thérapeutique » pour « autonomiser » la patiente et « construire des projets » pour elle « pour son bien » etc. etc. etc. Et si ses comportements étaient des tentatives de solutions ?


    De la contrainte comme limite :


    Ses symptômes de contrainte ne sont-ils pas pour elle une façon de border, de contenir ? En m’appuyant sur le travail de Priscilla Poitevin et Magalie Sabot, il m’a semblé que ce qu’elles ont relevé des investissements des orifices (entrée/sortie), et du contrôle de ceux-ci par Mme G. peut être une façon de créer un seuil, de clore.
    On peut aussi se demander si ces échafaudages pour contrôler ne sont pas une manière de renverser les choses : contrôler tout, car elle se sent contrôlée par l’Autre ?


    Cette dame semble construire tout un système pour tenter de mettre en place dans le registre imaginaire une limite : appartement coupé en deux (un espace intime où n’importe qui ne peut pas entrer, et un dehors), attache au lit avec des épingles, serviettes hygiéniques là où le corps est ouvert, promesse que la main du médecin ne dépassera jamais le rebord de la table, porte serviette barricade… Là où il n’y aurait pas de limite symbolique, elle tente, par une autre voie, d’en créer. Et ces constructions ne seraient-elles pas une façon de séparer le dedans et le dehors ? Border l’espace (intime/extérieur), border son délire, border son corps… Elle est au travail par rapport à un risque dissociatif.


    Dans sa peur de contaminer le médecin, ou que son mari la contamine, il semble qu’il n’y ait pas de coupure entre elle et l’autre, pas de séparation. D’où la limite de la table à ne pas dépasser par le médecin? Des objets du mari à ne pas toucher ? Une façon de ne pas se fondre avec l’autre, ne pas se diffuser, ne pas se dissoudre ?


    Le petit autre pour tenter de consolider l’image ?

Sa demande que l’infirmière la regarde sans discontinuer et ne fasse rien d’autre n’est-ce pas un regard qui permettrait un nouage par l’imaginaire, pour border le réel ? Le regard des petits autres pour construire du miroir, de l’Un, réunir les morceaux ? Par ailleurs, les épingles qui bordent le lit se donnent aussi à voir.
Elle demande aussi à l’autre de nommer des objets, ce qu’elle ne peut pas se représenter dans l’imaginaire, ou symboliser, pour s’y reconnaître. Elle accroche un signifié au signifiant. Cette nomination se situerait entre le réel et un usage du symbolique qui n’est pas dans la métaphore. Elle semble essayer d’agrafer le mot et la chose.
Par ailleurs, elle assigne cet autre à une certaine place, par exemple quand elle demande que l’autre certifie qu’« elle n’a pas tué quelqu’un dans son sommeil », ou que « sous la voiture il n’y a pas un enfant ». Cette assignation est une opération entre le réel et l’imaginaire. L’Autre plein est un Autre qui sait les choses en dessous qu’on ne voit pas, l’invisible au-delà du visible (sous la voiture, dans le sommeil). Un Autre garant qui permettrait de pacifier ?
La mise en acte par les épingles est authentifiée par l’autre et le regard doublé de la parole.
La limite aussi vient de l’autre : elle demande en effet à l’infirmière de lui dire quand elle doit arrêter le lavage, car elle ne peut pas conclure. Elle semble construire un « savoir y faire » avec la jouissance.

 

– L’idée délirante, une impasse ?


L’idée d’avoir tué quelqu’un serait une manière de répondre du trou. Je suis tentée de découper la phrase de la manière suivante : l’idée serait sur un registre imaginaire ou symbolique, tandis que tuer serait du côté du réel. Elle ne semble pas douter d’avoir tué quelqu’un, mais plutôt en avoir la certitude. Elle a peur de l’idée, ce que l’on peut entendre comme une peur de son délire, une peur d’être folle. Elle met tout ce qui est possible en oeuvre pour se garder de cela (regard, épingles…). Il est intéressant de noter que cette idée pourrait survenir dans un moment où elle s’absente (dans le sommeil), et où elle ne contrôle plus. L’infirmière viendrait comme le prolongement d’elle-même garantir le contrôle ?
L’hypocondrie (délirante ?) permet-elle de localiser quelque chose dans le corps, de consister ?


Conclusion


En conclusion, je reprendrai quelques éléments : ses « renvois », bouts de réels (?), hallucinations (?), sa peur des « fragments », la prégnance de l’organisme coulant (non significantisé ?), l’impression d’éclatement et de hors sens, les éléments hypocondriaques, la limite non inscrite pour elle… me font penser à certains patients schizophrènes.
Les éléments de persécution, où l’Autre aurait une volonté sur elle, risquerait de la contaminer, serait-ce une tentative de paranoïsation pour structurer un peu le moi si morcelé? Mais cette tentative ne tient pas très bien.
Il y a un aspect mélancoliforme prégnant chez elle : reproches, impureté, hypocondrie, thème mélancolique de l’incurabilité, inconsistance, responsabilité exagérée, notamment avec sa soeur, espoir de trouver en elle de telles horreurs qu’elle aura le droit de se suicider, humeur discordante avec excitation maniaque épisodique …
Cette femme continue d’occuper une position d’exception… qu’il est difficile d’épingler…

 

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