Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

La scolarité dévoile les « fragilités » du sujet enfant

La scolarité dévoile les « fragilités » du sujet enfant

Dario Morales

Nous avions écrit dans l’argumentaire présenté que l’école confronte le sujet adolescent à une réalité, celle de ses limites et de ses capacités qu’il rencontre au travers des apprentissages et des règles scolaires. La scolarité interroge la « solidité » et dévoile les « fragilités », voire une certaine désorganisation subjective, pouvant relever de la psychiatrie, compromettant un cursus scolaire jusque là investi.

La création de ces établissements ne semble pas avoir été l’œuvre d’un plan de santé initialement concerté, mais en lien à des initiatives privées, localisées ci et là, à vous de nous le préciser, mais après avoir lu trois textes, la circulaire DHOS (direction hospitalière et offre des soins) d’octobre 2004 relative à l’élaboration du volet « Psychiatrie et santé mentale » qui fixe les principes d’organisation permettant de garantir l’accessibilité des soins, la qualité de l’offre ainsi que le soutien et l’implication des patients et de leur famille ; des axes de prise en charge repérés comme prioritaires au niveau national, pour les enfants et les adolescents sont préconisés, ainsi, la création des dispositifs d’accueil et de prise en charge en réseau de proximité et dans ce cadre là des projets localisés sont accueillis, la création des maisons des adolescents, des unités d’hospitalisation pour les adolescents en crise, enfin la création des centres « soins études » pour adolescents et des jeunes adultes.

Le texte de la HAS de décembre 2011 relatif à la certification des établissements de santé, dans un chapitre consacré aux enjeux et aux spécificités de la prise en charge des enfants et des adolescents, rappelle comment le suivi scolaire est un droit et par conséquent la scolarisation fait partie intégrante du projet de soins dès lors que l’état somatique, l’état psychique, le niveau de soins et de la durée d’hospitalisation le permettent.

Enfin, conformément aux dispositions de l’arrêté d’avril 2009 relatif à la « création et à l’organisation d’unités d’enseignements dans les établissements et services médicaux-sociaux ou de santé », les établissements susceptibles de recevoir des enfants doivent passer une convention avec l’inspection académique dont ils relèvent pour organiser un dispositif de scolarisation (projet pédagogique, organisation de l’unité d’enseignement, modalités de coopération, etc).

J’ai cité ces trois sources afin de vous rappeler comment, ce qui initialement, était du domaine privé est devenu au fil du temps un souci de l’état, tout en sachant, qu’il reste encore du chemin à faire ; et d’autre part, comment ces établissements qu’on appelle « soins-études » proposent des prises en charge associant des soins avec la poursuite ou la reprise d’études. La création de ces unités, grâce aux dispositifs thérapeutiques intensifs, permettent de maintenir une scolarité, même minime, soit en milieu ordinaire, soit au plus près de leur environnement socio-familial. Pourtant si des enseignements sont dispensés, ces unités ne sont pas pour autant des lieux de rééducation ; le pari est un autre, se faire les partenaires du symptôme de l’adolescent, en lien avec le bouleversement qui les affecte. Votre présence ici ce soir a pour objectif de nous porter un éclairage sur cette articulation entre symptôme et processus de structuration ; entre difficulté scolaire, échec, pathologie et subjectivation. Je rappelle que c’est une soirée d’échanges cliniques mais je profite pour saluer les enseignants présents dans la salle, les unités de soins études montrent bien l’alliance entre cliniciens et enseignants lorsqu’il s’agit d’élaborer un projet autour des questions qui concernent l’enfance et l’adolescence.

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