Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Les deux mesures du psychologue clinicien : la pratique et la théorie, 1ere après midi de l’atelier « psychologues à l’oeuvre »

Date / Heure :
25/06/2011
Toute la journée

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image affiche, 25 juin, les psychologues et firLes récents événements qui affectent la corporation des psychologues poussent à interroger de plus près l’articulation de leur formation et de leur pratique. La fureur évaluatrice qui traverse la société contemporaine nous oblige à affronter cette question, et sur ce terrain, le statut des psychologues apporte deux outils qui sont à la hauteur : la pratique corrélée au temps FIR. Un procédé d’évaluation normé de la clinique pousse à reproduire l’identique, or l’association de la pratique au temps d’évaluation, de formation, d’information et de recherche vise à produire un savoir inédit, formule singulière du bricolage qu’impose la clinique confronté à la diversité du cas par cas. Un désir de savoir se fait jour, donnant ainsi une prise sur le réel de la pratique dont le dénominateur commun est de résister aux tentatives, parfois ravageantes, de conditionnement normatif généralisé et de mise au pas sous couvert de « bonne pratique ». Voici sur quelles bases s’articulent la formation et la pratique du psychologue lorsqu’il intervient dans le cadre de la Fonction Publique Hospitalière.
La formation du clinicien ne peut pas se réduire aux normes de l’enseignement universitaire ou à une simple synthèse des acquis de sa pratique. Il faut du temps, pour être à la hauteur des défis qu’implique le déchiffrage de la souffrance psychique. Du temps pour la formation et pour l’affinement d’une éthique ; la formation permet l’acquisition des bagages conceptuels, la connaissance de nouvelles techniques ; l’échange entre pairs (via l’enseignement, la supervision) vise l’actualisation de la formation dans le parcours individuel. L’éthique de son côté engage la personne du psychologue, sa parole, ses actes, son désir ; cette mise en tension se révèle féconde en ce qu’elle transforme la conception du sujet de la clinique, qui n’est pas localisable dans le discours, car le sujet ne coïncide pas avec ce que l’on sait, dit ou veut de lui. L’agencement de ce parcours qui noue la pratique à l’éthique constitue l’aune à laquelle se mesure le métier du clinicien lorsqu’il participe au projet thérapeutique du service ou de l’établissement. Mais il y a aussi des retombées épistémiques. Il n’y a pas d’identité du psychologue, le centre de gravité se trouve dès lors déplacé, la définition du psychologue incluant la variation de l’identité ; tout comme l’est celle des patients, qui ne peut pas se réduire à une somme des protocoles techniques. L’expérience clinique amène tout au plus à découvrir la singularité de la subjectivé. Ainsi chaque suivi, ou prise en charge échappe aux standarts. Ce qui est visé, n’est pas une norme, mais l’accord du sujet avec lui-même. Sur un fond de rencontre, le clinicien à affaire à un sujet qui réclame un droit au secret, à l’opacité de certains choix, ce choix fut-il mauvais. Se trouve posé ainsi, malgré la pathologie, la source subjective d’un acte et d’une responsabilité.
Ces quelques bases rappellent que la dimension de formation et d’éthique déjà posées dans le parcours universitaire sont les jalons que le psychologue va approfondir au long de sa carrière au contact avec ses pairs en référence avec le réel de sa pratique clinique ; il serait naïf de considérer que la formation universitaire suffit à faire du psychologue un bon clinicien. Le temps FIR s’avère donc être un temps nécessaire, accompagnant la formation durant la carrière qui s’écrit toujours au singulier !

signé : Dario Morales

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13h30 Ouverture :
Le psychologue clinicien, le singulier et le collectif
Marc TURPYN, psychologue, CMP W. Granoff, Nanterre (92)

14h00 1ere séance : Apprendre de la clinique : la réalité du cas
Président de séance : Dario MORALES, psychologue, psychanalyste

Clinique du lien : un temps singulier
Gaëlle BRIGARDIS, psychologue, SAMSAH, Melun (77)

FIR, nourrir le feu du transfert
Stella HARRISON, psychologue, consultation enfants adolescents CMP, Nanterre (92)

15h45 2e séance : Comment s’orienter dans une prise en charge, quels outils ?
Président de séance : Camille ROUTIER, psychologue

Une petite ruse pour continuer la partie
Thérèse PETITPIERRE, psychologue, CMP adultes, secteur 26, Paris 19e, CH Maison Blanche (75)

Une clinique du sujet en trois temps : le temps FIR, comme figure d’un temps pour comprendre
Emmanuelle EDELSTEIN, psychologue, service AEMO judiciaire, Arcueil (94)

16h45 3e séance : L’institution, partenaire de la clinique et du clinicien
Président de séance : Dominique ROUSSEAU, psychologue, psychanalyste

La clinique, ce réel impossible à supporter…seul ?
Luc SIBONY, psychologue, secteur 17, CH Sainte-Anne (75)

De la nécessité d’un temps d’élaboration personnelle au sein de l’institution
Inès CLAUDIOS, psychologue, service neurologie (APHP), Île-de-France

18h00 Conclusion
Monique GARNIER, psychologue, sociologue, psychanalyste
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