Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Les temps du traitement – 5ème Journée

Date / Heure :
14/06/2008
Toute la journée

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5e Journée d'étude - Les temps du traitementL’inconscient ne connaît pas la mesure du temps, Freud va jusqu’ à le qualifier hors-temps ; or la clinique s’inscrit dans la temporalité propre au sujet, selon son mode spécifique d’entrée ; qu’il s’agisse de l’urgence ou du symptôme qui finit par incommoder. Le temps chronologique se trouve ainsi, subverti par un autre temps, temps logique que nous avons appelé le temps du traitement. Ce terme désigne l’opération qui ne relève pas de l’inconscient mais à la fois de la décision du patient dont les effets sont toujours à vérifier au cas par cas, et de l’acte du clinicien, soutenu par un désir. Le traitement suppose donc du temps, sur un fond toujours imprévu, celui de la durée de la cure. Le pari est donc de gagner du temps sur le refoulement, sur l’incurable, et d’être attentif aux inventions du sujet. Il faut donc du temps pour arriver à faire trace là où il y avait une simple esquisse.
Cette Journée témoigne de la diversité des pratiques et montre comment s’organise la temporalité dans le traitement.

Samedi matin : Les stratégies du traitement

-L’urgence subjective et la prudence du clinicien

Pour un sujet, l’épreuve d’une « mauvaise rencontre » se caractérise souvent par une souffrance envahissante, un point d’insupportable, état que le sujet peut parfois méconnaître. C’est dans ces moments de « crise » que le clinicien peut être amené à intervenir en laissant provisoirement en suspens l’assentiment du sujet. La question est alors de savoir comment s’élabore dans ces moments-là une clinique de la parole. Ainsi, les premiers entretiens, outre l’effet d’apaisement qu’ils apportent, auront pour fonction d’établir les stratégies du traitement médical et/ou psychique à venir. Et le clinicien, en situation d’urgence, ne doit-il pas instaurer une certaine attente, celle qui prépare l’entrée dans le temps du traitement ?

-Lien et consentement

Pour le clinicien, le savoir-faire doit être tempéré. Sa démarche ne peut exclure le consentement du sujet. Le temps de l’urgence passé, marqué par l’angoisse ou la perplexité, peut émerger pour le patient un point d’énigme ou une question. Dès lors, s’ouvre la possibilité d’inscrire ce qui fait symptôme dans un lieu où se loge la supposition d’un savoir ou d’une réponse. Les conditions du traitement sont ainsi posées. Seulement, le risque de décrochage du lien existe toujours. Dès lors, quelles sont les conditions de départ pouvant anticiper toute rupture de la prise en charge à venir ?

Samedi après-midi : L’acte du clinicien et ses effets

-L’invention aujourd’hui

Définir le traitement à partir d’un cadre typique et idéal est insuffisant. Il s’agit, pour le clinicien, d’être ouvert à l’invention. Ainsi, avec un adolescent, les modalités du suivi doivent être adaptées. Il ne s’agit pas d’introduire un rappel à la loi, ni d’imposer de nouvelles limites, mais bien au contraire d’aider le sujet à affronter ses propres limites, son propre rapport à la perte. Il ne s’agit ni de rééduquer, ni d’interdire. Dans le champ des addictions, également, les modalités de jouissance, leur fonction, seront à questionner, et ce au sein d’un dispositif souple, « décalé », et parfois pluralisé. Ainsi, nul standard, mais une pratique du cas par cas, laissant d’un côté sa place à l’engagement du patient, à sa responsabilité face à son mode de jouissance, qui parfois réduit sa marge de « liberté », et de l’autre, à l’acte du clinicien.

-Effets thérapeutiques rapides et effets durables

La clinique est souvent confrontée à une demande d’effets thérapeutiques rapides, sorte d’urgence mue en « obligation du résultat » à laquelle chacun doit se soumettre. Conséquence directe dans notre clinique, cette pression constante modifie la temporalité même du traitement, réduisant ainsi toujours plus l’intervalle nécessaire à tout déploiement d’une histoire, donc d’une parole. Pourtant, nous constatons des effets. Comment les évaluer? Et s’ils sont appelés à durer, de quel ordre sont-ils ? Enfin, que reste-t-il en marge ? Qu’en est-il de l’incurable ?

signé : Dario Morales

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-L’urgence subjective et la prudence du clinicien

-Dr Gérard TIXIER, psychiatre urgentiste, psychanalyste, « Du sujet pris dans l’urgence de la demande de l’autre »
Dr Erwan DELAUNAY,
Dr Clément FROMENTIN,

-Lien et consentement

-Dr Bertrand LAHUTTE, psychiatre, H.I.A. Val-de-Grâce, « Lieu d’adresse, effets de la Demande : quels enjeux pour la relation thérapeutique ? »
-Maud BELLORINI, psychologue, IME section IMPro, Dammarie Les Lys, (77), « Entre eux deux »
-Laurence HEMMLER, psychologue, psychanalyste, « Un bébé ne se laisse pas mourir de faim »
Samedi après-midi : L’acte du clinicien et ses effets

-L’invention aujourd’hui

-Valeria SOMMER, psychologue, psychanalyste, Paris, Centre Minkowska, Paris, « Un corps en exil »
-Dr Guy DANA, psychiatre et psychanalyste, Chef de service du 6ième secteur, Hôpital de Longjumeau, « L’inconscient et la conquête de l’espace »

Effets thérapeutiques rapides et effets durables

– Chicca LORO, psychologue, psychanalyste, Gennevilliers, « De l’autre côté de la porte »
-Dominique ROUSSEAU, psychologue en milieu scolaire, psychanalyste, « La petite Isidora : un Oedipe en 7 séances ? »
-Dario MORALES, psychologue, psychanalyste, SMPR, Centre Hospitalier Sainte-Anne, « Produire l’incurable ? »

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