Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

« Je voudrais une psychométrie! » Evaluer autrement – 18ème soirée clinique

Date / Heure :
03/12/2008
20 h 30 min - 22 h 30 min

Mots-Clefs :
évaluation, psychométrie


Affiche 03-12-08 psychométrie« La culture de l’évaluation et des résultats », s’est répandue dans toutes les activités de la société pour devenir non seulement une garantie « d’objectivité scientifique » qui permettrait de trancher « à coup sûr »mais bien au-delà encore unmoyen de « traiter» le malaise de la civilisation contemporaine. La mesure chiffrée se présente aujourd’hui comme la façon de dire le fond dernier de l’être : « le chiffre, c’est la vérité », tel est le nouveau

« credo ».Ce néo-positivisme traverse bien entendu le champ « psy » : il a permis la montée en puissance des sciencescognitives, flanqué des avancées sur la connaissance du génome humain et

de celles des « neuro-sciences ». En ce sens, l’examen psychologique qui comprend des résultats quantitatifs, est devenu un enjeu majeur puisqu’il est utilisé comme « avis technique » pour prendre des décisions importantes dans les domaines scolaire, judiciaire, thérapeutique, etc. Le bilan psychologique donne bien souvent lieu à un « malentendu » entre le demandeur et le praticien. En effet, les tests sont trop souvent compris comme un moyen de livrer une mesure sur ce qui échappe au savoir du médecin avec sa demande « d’examens complémentaires », au savoir de la famille et parfois du sujet lui-même, qui, en habitué des « psycho-tests »et autres « quizz » de magazines, est en demande de « psychométrie ». Or, les praticiens des bilans, psychologues et psychiatres, qui interviendront au cours de notre soirée, montreront qu’il s’agit de bien autre chose qu’une pure quantification de la subjectivité au travers de protocoles anonymes : ils resitueront, au cas par cas, en théorie et en pratique, le bilan dans toute sa complexité et ses limites, au sein des institutions où il est pratiqué, depuis la demande jusqu’à la restitution, à la mise en place et au suivi des soins. Il ne s’agit pas simplement de la mesure de qualités et de processus mais des outils pouvant faciliter la compréhension et le diagnostic d’un certain nombre de symptômes d’ordre psychologique, familial, médical, pédagogique, etc. L’objectivation n’induit pas forcément une relation causale. Loin du « scientisme » hyper-médiatique actuel et ne souffrant d’aucune « amnésie épistémologique » quant à leurs outils, ces cliniciens ne sont pas sans savoir que le bilan psychologique peut conduire un enfant, un adolescent en souffrance, au cabinet du psychanalyste. A travers cette présentation des protocoles et des bilans, l’idée, aussi, est de présenter au public de la soirée comment l’on apprend à devenir clinicien un savoir indissociable d’une éthique ménageant une place au sujet qui consulte, car, en dernier ressort, c’est lui qui nous enseigne.

Invités: 

Unité de Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent, CHSA, Paris (75) : Dr Evelyne Lenoble, pédopsychiatre ; Claire Meljac, psychologue, Dr en psychologie ; Marika Berges Bounes, psychologue, psychanalyste ; Corinne Bernardeau, psychologue

Unité de consultations de la Maison des Ados, Solenn, Paris (75) : Dr Jean-Pierre Benoit, psychiatre, responsable de l’Unité ; Charlote Debucy, psychologue ; Ghislaine Petit, psychologue

Soirée animée par

Dario Morales, psychologue (CHSA), psychanalyste, (membre ECF)

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