Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

14ème journée d’études – « Tu refuses ? Je te gave ! »

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Date / Heure :
21/10/2017
Toute la journée

Emplacement :
Centre Hospitalier Sainte-Anne, Amphithéâtre Morel ; Pavillon Magnan

1 rue Cabanis 75014 PARIS

Catégories :

Mots-Clefs :
anorexie, boulimie


Les mots clés de l’anorexie, la boulimie et l’obésité : le refus, la compensation, le trop… »

Les TCA interrogent non seulement les modes d’alimentation mais ils nous renseignent aussi sur des perceptions « perturbées » du corps et de son image ainsi que des impasses dans la construction de la subjectivité. Loin des normalisations orthopédiques proposées, la clinique nous pousse à interroger ce que la phénoménologie de l’anorexie et de la boulimie montrent, afin de déconstruire ces solutions et soutenir la création d’un symptôme comme construction singulière. A la différence des symptômes qui présente habituellement le névrosé et dont la demande semble le diviser, les pathologies ici présentes, s’articulent autour de l’objet nourriture et n’engendrent ni la plainte des patientes ni font l’objet d’une interrogation énigmatique. C’est par la constatation des parents et de leur angoisse que les patientes rencontrent les cliniciens. Ces désordres apparaissent au cours de la puberté qui se caractérise par la transformation, la restructuration identificatoire et la poussée pulsionnelle. Le refus anorexique ou la compensation boulimique viennent illustrer si besoin l’intransigeance des sujets écartelés entre le réel autodestructeur et la tentative de se soumettre au système familial.

 

Première table ronde : Le refus anorexique comme solution à la non-séparation

 Nous voulons interroger ici les « vicissitudes à la puberté » dans le vécu d’une jeune anorexique. Dans ce processus, nous avons l’impact des restructurations identificatoires et la poussée pulsionnelles sur le corps mais en même temps ses résistances à ces transformations. L’anorexie vient ici illustrer le refus radical, comme rejet ou rupture vis-à-vis de cet Autre. Au fond, il s’agit d’une tentative de vouloir refuser la rencontre avec le désir qui traverse son corps. Nous nous intéresserons au début anorexique,  à la conjoncture qui déclenche la réponse anorexique et à ce qu’elle nous enseigne sur la prise en charge thérapeutique. Au refus en tant que corps assujetti à la domination de l’Autre, souvent parental et qui s’entêtent  impuissants dans une sorte de confusion malgré l’amour qu’ils déversent sur leur fille, à ne pas  reconnaître l’espace singulier de sa subjectivité émergente.

 

Deuxième table ronde : La compensation boulimique ou la dévoration de l’objet

Si l’anorexie fait penser au défaut de la jouissance, la boulimie illustre bien l’idée d’une jouissance qui semble sans limites et curieusement en cherchant à abolir les frontières elle n’ira pas jusqu’à l’illimité. L’objet nourriture peut être ingurgité ou vomis. La boulimie illustre bien ce rapport particulier, clivé de l’objet de la pulsion orale qui envahit soudainement le champ pulsionnel où d’un coté elle pense au prochain régime, alors que de l’autre elle pioche dans la boîte de gâteaux.  Goinfrerie avec cette particularité que l’objet présentifié est dévoré de façon « perverse » mais en apparence sans culpabilité. L’idée serait de mieux cerner la nature de ce clivage, de cette jouissance et du manque sous-jacent.

Troisième table ronde : L’obésité mise à dé-couvert par la chirurgie bariatrique

 Nous proposons d’aborder un dérèglement alimentaire, l’obésité, à partir d’une consultation dans un service hospitalier qui a pour objectif de proposer des traitements essentiellement somatiques. Confrontées à des échecs des prises en charges – diététiques, sportives, médicaments, thérapies diverses – des personnes obèses ont recours à la chirurgie bariatrique afin de « perdre du poids » avec comme objectif une amélioration de leur état somatique, de leur image sociale, de leur vécu psychologique. La chirurgie s’accompagne le plus souvent de la perte rapide du poids, mais des effets initialement marginaux deviennent ensuite prévalents, car des retentissements sur le plan alimentaire mais aussi sur le plan psychologique apparaissent, s’aggravent ou font retour (angoisse, dépression, décompensation, etc).

Les TCA et lien déréglé aux parents

  Il est important de reprendre les diverses pathologies des TCA à partir de la problématique familiale. Il y a ainsi une sorte d’homologie entre les « solutions » « anorexique » et/ ou « boulimiques » et la structure familiale qui empêche la patiente à produire son propre symptôme, névrotique par exemple, au détriment d’une jouissance narcissique, marqué par le refus, ou la compensation qui affecte, in fine son corps. Au fond, il s’agit de mieux comprendre, la tendance qu’à l’entourage à faire UN dans un lien qui nie l’Autre. Il y a dans ces familles, un dispositif qui tout en annulant le conflit, déplace la conflictualité à l’intérieur du sujet, prenant sa place dans le théâtre du corps. L’autre parental,  a du mal à réguler le lien et joue la  maîtrise, ou l’intrusion, produisant souvent une insoutenable séparation, mêlée d’amour et de haine, qui rend l’enfant présent sur la sphère alimentaire, et devient anorexique et ou boulimique.

 

Organisation de la Journée

Invitée (9h30)

Emma BORGNIS DESBORDES, Maitre de conférences, Université de Rennes (35), enseignante à la section clinique de Rennes (35), psychanalyste, membre ECF, « Anorexie, mon amour – Anorexie de la jeune fille, transfert et modernité ».

(10h15)  1 Le refus anorexique comme solution à la non-séparation

Président de la table ronde : Dario MORALES, psychologue clinicien, CHSA (75), psychanalyste, membre ECF (78)

Astrid BRUNSWICK, Psychologue clinicienne, Hôpital Louis Mourier, Colombes (92), « Teissa : La radicalité du refus anorexique ».

Aurore GUY- RUBIN, psychiatre, chef de clinique, CMME, Unité trouble du comportement alimentaire, CHSA (75), « La chaise vide ».

(11h30) 2 La compensation boulimique ou la dévoration de l’objet

Présidente de la table ronde : Thérèse PENNEHOAT, psychologue clinicienne, SEES Asnières (92)

Flora HOLLANDE, psychologue, service de nutrition de l’Hôpital Pitié – Salpetrière et à la CMME, CHSA (75) ; Elisée GAUTHIER Psychologue clinicienne, CMME, CHSA, (75), « Les crises boulimiques anesthésie ou remplissage »

(14h30) 3 Le rempart du poids : l’obésité

Président de la table ronde : Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste, membre ECF (75)

Catherine GRANGEARD, Psychologue, psychosociologue, psychanalyste, « En chirurgie de l’obésité, le psy pris en sandwich entre les demandes ».

Sophie DUNOYER, psychologue clinicienne, Hôpital Delafontaine, Saint Denis (93), membre de l’APM (Association Psychanalyse et Médecine) et de l’Espace Analytique, « Transformation des corps, opération réelle et/ou symbolique ? Histoire d’une rencontre imprévue avec « un sujet »

Valentine HOTTON, psychologue clinicienne, Clinique de Bercy, Centre pour l’obésité (94), « O père moi encore ».

(16h30) 4 Les TCA et le lien déréglé aux parents

Présidente de la table ronde : Claire JOSSO – FAURITE, psychologue clinicienne, CHSA (75)

Dario MORALES, psychologue clinicien, CHSA (75), psychanalyste, membre ECF (78), « Le lien déréglé aux parents dans la conflictualité de l’anorexique ».

Thérèse PENNEHOAT, Psychologue clinicienne, SEES Institut Départemental Gustave Baguer, Asnières sur Seine (92), « La famille à l’épreuve du symptôme ».

(18h00) Conclusion : Dario MORALES, psychologue clinicien, CHSA (75), psychanalyste, membre ECF (78)

 

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