Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

73ème soirée d’échanges cliniques, “La crise, moment de rupture – moment d’ouverture et de construction”, mardi 15 octobre 2024 20h30

Loading Map....

Date / Heure :
12/10/2024
20 h 30 min - 22 h 30 min

Emplacement :
Amphi MOREL - GHU-Paris- Sainte-Anne

rue cabanis 75014 Paris

Catégories :

Mots-Clefs :
crise, impasse, suivi thérapeutique


Prix: gratuit


La diversité des phénomènes cliniques est à l’origine des hospitalisations et des consultations en psychiatrie – angoisse, dépression, idées ou TS, scarifications, passages à l’acte, hallucinations, délire envahissant, addictions, etc ; il arrive que ces phénomènes se manifestent lors d’un moment de majoration de la souffrance psychique en rupture avec un fonctionnement opérant et a peu près stabilisé jusque-là. Quelque chose est modifié dans la vie des patients rendant la vie difficile et nécessitant l’intervention d’un lieu de soin en mesure de l’accueillir. Le malaise, trouble ou symptôme, envahit le sujet mettant à l’épreuve son mode d’existence mais également celle de ses proches. Une fois ce phénomène déclenché, le sujet est confronté à un impossible, à un insupportable, véritable moment d’impatience. Ces moments sont repérés par la clinique, le terme d’angoisse recouvre plusieurs signes parfois très présents : agitation, impulsivité, fuite et désordre dans les idées ; ou inversement, inhibition, sentiment d’être écrasé, etc

La clinique nous apprend qu’il y a des causalités multiples. En effet, la « crise » signe un événement complexe, une rupture d’équilibre et met en évidence une vérité qui, jusque-là, demeurait méconnue pour le patient, dans le non-sens de ses pensées ou de ses comportements. Une fois établi ce premier contact dans le service de soin ou de consultation, il s’agira dans un premier temps de déterminer avec le patient un autre positionnement, afin de rendre sa vie et celle de l’entourage plus vivable. De cette première rencontre, d’autres se succéderont dans le but de donner à cet accueil une suite, une hospitalisation, un traitement médicamenteux, un retour au domicile, un suivi en ambulatoire, un commencement ou une reprise du travail thérapeutique.  Au cours de l’hospitalisation ou de la consultation, il s’agira de créer des conditions pour qu’à partir de ce point « réel », ce qui a fait trouble ou dérangement, le patient puisse accéder à la dimension de sa parole, une parole singulière sur ce qu’il vit mais aussi de sa responsabilité de sujet : a-t-il dépassé l’événement ? se sent-il concerné ? pour les cliniciens, il s’agira de prendre au sérieux les dires de celui qui s’adresse à nous et l’en faire éthiquement responsable, y compris lorsqu’il exprime son adhésion, a fortiori lorsqu’il exprime le refus ou opposition. Ce moment d’ouverture du hors-sens vers le sens n’est possible que si l’on se penche sur l’histoire singulière du patient, de ce qu’il en dit lui-même, soit de ce qu’il veut articuler de sa propre parole et de la mise en jeu du lien à l’autre.

Cette soirée aura pour objectif de déplier ce moment particulier « la crise » afin de mieux comprendre les mécanismes qui rentrent en jeu mais également de voir les modalités de sortie qui vont de l’accueil à l’hôpital, la consultation, aux différentes formes de suivi thérapeutique. Au final, la crise n’est pas forcément une impasse, mais les enjeux sont fondamentaux, moment de redémarrage vers un autre mode de suivi, moment de mise au travail où le patient peut exprimer son désir de savoir davantage sur ce qui lui arrive, moment de décision où il peut orienter autrement son existence, renoncer à quelque chose qui le tenait à cœur mais qui s’avère dorénavant impossible, les études, le travail, la vie en famille, par exemple au profit des nouvelles trouvailles, accepter un suivi thérapeutique afin d’élaborer autrement son rapport à ce qui fait symptôme en lui  !