Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

79e soirée d’échanges cliniques, “L’enfant malmené vivant dans la précarité… mardi 19 Mai 2026, 20h30 Amphi Morel, GHU-Sainte-Anne

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Date / Heure :
19/05/2026
20 h 30 min - 22 h 30 min

Emplacement :
GHU-Sainte-Anne, Amphi MOREL

1 rue Cabanis 75014 PARIS

Catégories :

Mots-Clefs :
castration, famille, frustration, jouissance, manque, privation, symptôme


Prix: gratuit


Toute famille est une institution dont le rôle primordial est la transmission du symbolique qui prévaut dans la première éducation, la répression des instincts, l’acquisition de la langue ». A travers ce rôle, la famille a pour fonction de réfréner la jouissance, qu’elle tempère produisant un effet de castration. Ce caractère irréductible de la transmission est mis à mal lorsque les conditions du régime familial sont brutalement modifiées, lorsque par exemple elle se contracte se réduisant parfois à un seul membre (souvent la mère). Cela ne veut pas dire que sa structure soit pour autant plus simple. A cette complexité peuvent s’en ajouter d’autres facteurs comme ceux de la migration forcée, la précarité, l’exclusion sociale, l’isolement qui favorisent l’éclosion des symptômes chez le parent et l’enfant ainsi « malmené » d’un lieu à un autre ; signes d’une souffrance indiscutablement « psychique » mais qui est souvent qualifiée initialement de « sociale » par le contexte où elle émerge ainsi que par ses déterminants sociaux devenus prioritaires que sont la recherche d’un logement moins précaire, l’acquisition du statut de réfugié, le droit au séjour, l’accès aux droits de santé, travail, etc.

Lors de cette soirée nous nous proposons de jeter un regard sur l’enfant à partir des éléments cliniques que révèle la réalité psychique imbriquée et pourtant distincte de la précarité sociale. L’enfant ainsi malmené va fabriquer ainsi ses propres symptômes signifiants, ce « laissé tomber », dans certains cas pouvant prendre la forme des comportements d’agitation, d’inhibition des apprentissages, déscolarisation, fugues, refuge dans la toxicomanie, actes violents, prostitution ; pour d’autres cas plus dramatiques, rupture du lien avec le parent, placements en foyer ou en famille d’accueil qui maintient, à défaut d’un suivi psychologique et thérapeutique, l’enfant dans la fixité symptomatique aliénante et la répétition. L’accompagnement éducatif au quotidien des enfants et des adolescents à visée réparatrice est un aspect nécessaire, mais notre choix clinique consistera à tendre l’oreille à ce qui contrairement à l’aliénation qui nourrit le symptôme, « amène » le processus de séparation, le transmet créant la transformation d’un enfant symptôme ainsi bousculé en un corps désirant, réintroduit dans la dimension sociale du langage, lui permettant de vivre sa singularité, capable de « mener », « diriger » et de construire son « roman familial », avec ou sans père ou mère,  son manque, marqué par la frustration, la privation, la castration, ressorts de la relation au monde car tout enfant à « quelque part en lui » une famille si fêlée soit-elle !

Présentation : Dario MORALES, Psychologue clinicien, psychanalyste membre ECF (78)

Invités : Marie-Pierre AUGEARD, psychiatre, assistant en pédopsychiatrie, GHU,

                 Valérie RODET, psychologue clinicienne, psychothérapeute, psychanalyste ; 

                 Viviane ROLLE-ROMANA, psychologue clinicienne, spécialiste en ethnopsychiatrie, GHU ; 

Soirée animée par Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste membre ECF et Dario MORALES, psychologue, psychanalyste membre ECF