Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

Deuxième matinale de l’APCOF : « De découverte en découverte – la clinique à l’épreuve de la répétition, du manque et du désir »

Date / Heure :
21/11/2020
9 h 00 min - 13 h 00 min

Catégories :


« De découverte en découverte – la clinique à l’épreuve du manque, de la répétition et du désir »

La clinique nous enseigne : elle va de découverte en découverte – d’abord la crise, moment qui se mesure à l’aune du déclenchement, de la décompensation et de ses effets ; toute crise implique, en effet, une vacillation du système symbolique de repères ; elle fait effraction dans le réel sous la forme de l’angoisse et de son pendant la violence verbale ou agie ; enfin, elle comporte une sortie qui peut enclencher le démarrage éventuelle d’une thérapie qui vient révéler la répétition, l’acte de césure qui consiste à mettre à l’épreuve le renoncement, l’exacerbation des symptômes ou au contraire ignorer ou vouloir savoir. Dans cette gestion de la crise, il ne s’agit pas seulement de mettre de sens ou de déchiffrer mais de prendre acte que l’on tient le bon bout, le bon objet, la cause du désir, la demande. Inversement, la clinique pousse le clinicien au défi de son intervention, l’interprétation dérange car elle dresse ou démonte les défenses, produisant des bénéfices rapides qui s’érigent parfois à l’après coup, en autant d’obstacles. En somme, la crise, le mode d’intervention sont autant des temporalités spécifiques dans la clinique, moments qui peuvent se transformer, à condition que le patient en crise et le clinicien en fassent la preuve, qu’une création est possible, pour qu’il y ait modification de sa position subjective, pour qu’après ne soit plus comme avant.

Deux tables rondes

Ce que la crise révèle A traves la simple agitation, le déclenchement d’un passage à l’acte ou par une simple sortie de scène se jouent des éléments dans la vie d’un patient – comment traiter ces moments afin de tempérer l’angoisse, comment accrocher ces patients soudainement envahis par l’Autre et qui se trouvent dépassés par l’agir au détriment de la parole, la clinique nous apprend qu’à l’arrière-plan de la crise, il y a la présence, d’une demande non formulée, voire un désir caché qui ont du mal à se manifester.

L’intervention du clinicien et son corollaire : la production d’une vérité pour le patient. Intervenir impose pour le clinicien de calculer et pour le patient de compter. Pour le patient, c’est de compter peu ou pas dans le désir de l’Autre, c’est pour cela qu’il émet sa plainte ou sa part de demande au clinicien, il pense que l’autre sait. Pour le clinicien, dire, scander, touche la jouissance. Si l’un parie sur son savoir, l’autre parie sur la justesse de son interprétation. D’où un jeu où le clinicien apprend à ne pas abuser de sa position afin de ne pas jouir des effets que son interprétation pourrait rencontrer chez son patient. Avec les patients psychotiques, le clinicien n’interprète pas, il utilise le semblant de sa présence pour évacuer toute jouissance qui pourrait devenir objet d’intrusion ou d’énamoration, pouvant virer à la persécution, afin que le sujet puisse s’y loger.

9h00 Accueil des participants

9h15 Ouverture :

Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste membre ECF, Paris (75)

9h45 1ere séance : Ce que la crise révèle

Président de séance : Peggy SEVERIN, éducatrice, présidente de l’Association Alliance médiation familiale, Nogent sur Marne (94)

Gabriel GUILLAUME, éducateur, chargé de mission Association Alliance médiation familiale, Nogent sur Marne (94)

Hassime KHALFALLAH, éducateur,

Pascal PETITQUEUX, psychologue clinicien, GHU- site Sainte-Anne

11h15 2e séance : L’intervention du clinicien

Président de séance : Caroline CARRON, psychanalyste

Emmanuelle De Boé, psychiatre, GHU – site Sainte-Anne, responsable CMP Ridder adolescents – secteur infanto-juvénile, 14e Paris

Marie-Axelle MAREL, psychologue clinicienne, psychothérapeute, FAM Les Ecluses, association Aurore, et Association Alliance, Médiation familiale (92)

Sandra VASQUEZ, psychologue clinicienne, psychanalyste Clamart (92)

13h00 Conclusion

Serge RAYMOND, psychologue honoraire, EPS Ville-Evrard (93) ; ancien expert judiciaire près de la cour d’appel de Paris, membre du comité de rédaction du Journal des psychologues

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